L'Évangile au cœur de notre vie

Évangile de notre Seigneur Jésus

Luc 18, 1-8

01 Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager :

02 « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes.

03 Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.”

04 Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne,

05 comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” »

06 Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice !

07 Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ?

08 Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

© AELF - Paris - Liturgie catholique

Dans l’Évangile de ce jour, les disciples de notre Seigneur Jésus savent clairement que leur maître va bientôt souffrir sa passion. En effet, quelques versets auparavant en Luc 17, 25 : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. » Je vous conseille pour en être plus éclairé de lire le chapitre 17 de Luc aux versets 22 à 37, le passage nommé « Le jour du Fils de l’homme. » De tout ce que notre Seigneur a dit à ses disciples jusqu’à présent, il les encourage à prier sans se décourager... Et à nous aussi par la même occasion, car les paroles de notre Seigneur Jésus résonnent à travers les âges. C’est une nécessité nous dit-il.

Puis Notre Seigneur parle en Parabole. Il nous parle d’un juge qui tarde à répondre à une pauvre veuve qui a subi une injustice. Notre Seigneur Jésus nous donne des situations difficiles et pénibles. À travers une parabole, notre Seigneur enseigne toujours. Au temps du Christ, une veuve représentait les humbles sans ressource, souvent maltraitées et exclues. Dieu a toujours défendu les veuves. Sans mari, elles étaient vulnérables à la moindre escroquerie.

De tout temps, les hommes ont un regard sévère envers les juges et la justice en règle générale. Même aujourd’hui quand on voit les différentes affaires. En disant : « Rends-moi justice contre mon adversaire », la veuve veut dire qu’elle souhaite qu’il répare le mal subi, qu’il rétablisse le droit.

Ce juge ne craint pas Dieu... donc il est le maître absolu dans sa fonction. Il est un pouvoir à lui seul. Tout le monde peut convenir que ce juge est un personnage cynique. Il refuse longtemps et accepte de rendre la justice à la veuve non pas par le droit, mais pour qu’elle cesse de lui casser la tête. On pourrait en sourire... mais combien d’hommes et de femmes se battent pour obtenir leurs droits. Parfois jusqu’au bout de leurs forces... et combien meurent sans obtenir justice. Moi-même, il m’arrive de désespérer et de baisser les bras, de vouloir tout laisser tomber.

Dans notre vie de croyant, il nous arrive de penser que Dieu est sourd à nos appels, à nos prières surtout quand nous sommes victimes d’une injustice. On voudrait que Dieu intervienne. Quand une injustice est trop pesante, nous avons l’impression que notre âme est séquestrée, étouffée prête à s’éteindre. Nous lâchons toute espérance. Il reste que la prière, mais là aussi, c’est une violence d’y accéder. Finalement notre prière, sert-elle à quelque chose ? « Pourquoi m’as-tu abandonné ? » dira Jésus à son Père au moment de sa mort. (Matthieu 27, 46)

Rappelons que notre Seigneur Jésus raconte une parabole, donc à travers un récit, il veut nous donner un enseignement. Sur notre attitude et celle de Dieu, un Père qui aime tous ses enfants.

Dieu ne cède pas à nos demandes pour en finir par notre témérité comme ce juge, car notre Seigneur Jésus dit clairement dans cet enseignement au verset 7 et 8, il fera justice rapidement voire instantanément. Mais nous, nous aimerions voir cette injustice réglée... De ses mensonges, on voudrait que notre adversaire croupisse en prison jusqu’à sa mort... Dans un autre cas on voudrait que la foudre lui tombe sur la tête ou qu’il ait un grave accident, une grave maladie et pour en finir qu’il brûle en enfer.

A nos premières demandes, Dieu a rendu justice. Notre Seigneur nous l’affirme. Mais nous ne savons pas comment ! Bien sûr cela nous amène à des doutes et des découragements. Mais notre Seigneur nous demande d’avoir la foi, la confiance. En nous disant : « Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » n’est pas un doute, mais une interrogation.

Comme Dieu, qui n’est pas dans la justice des hommes a déjà rendu justice. Notre Seigneur Jésus nous invite à prier avec persévérance non pas pour indiquer à Dieu ce que l’on souhaiterait (pour finalement avoir un signe s’il existe vraiment), mais de lui dire que nous avons confiance en Lui.

Moi aussi j’ai eu des doutes. J’ai perdu la confiance (la foi) pendant près de deux ans. Ce n’est pas rien. Je sais de quoi je parle. Une institution m’a donné de l’argent pour que je me taise. C’est la justice des hommes. Je ne serai jamais la justice de Dieu... Mais finalement si !

Chers frères et sœurs, j’ai pu au bout de deux ans redécouvrir la prière... grâce à la méditation de pleine conscience. Elle seule m’a fait revenir à la prière. Finalement, cette lumière dans mon for intérieur, la lumière de ma confiance ne s’est jamais éteinte. De cette confiance, j’ai pu redécouvrir que mon Seigneur Jésus a toujours été à mes côtés dans ces dures épreuves.

De cet abandon de Dieu dont je croyais, cela fait référence au psaume 22 versets 1 à 3 :

1.     Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? J’ai beau rugir mon salut reste loin.

2.     Le jour j’appelle, et tu ne réponds pas mon Dieu.

3.     La nuit, et je ne trouve pas le repos.

Les injustices subies dans sa propre église sont derrière moi... même si une écharde demeure et qu’elle ne manque pas de me le rappeler. Retrouver doucement cette confiance envers mon Seigneur Jésus, qu’il m’aide au-delà de ma nuit a fait rejaillir en moi l’aurore d’une nouvelle vie. Voilà la justice de Dieu. Je vois les choses autrement. Et je peux affirmer maintenant, toujours dans le psaume 22, 25 : « Le Seigneur n’a pas rejeté ni réprouvé un malheureux dans la misère ; il ne lui a pas caché sa face ; il a écouté quand il criait vers lui. »

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