Mérite t'on le Paradis ?

Entre la moralité chrétienne, principalement catholique et ce que nous dit

notre Seigneur dans sa Bonne Nouvelle. Où est notre place ?

Publié en mars 2019

Avant de répondre, prenons un temps pour lire la Bonne Nouvelle de notre Seigneur Jésus. L’Évangile est la lumière de notre vie. Même si nous nous sommes retirés de l'Eglise-institution, la Parole de notre Seigneur nous guide à chaque instant de notre existence. 

Nous prenons le passage de l’Évangile selon Matthieu au chapitre 20 versets 20 à 23.

20 La mère des fils de Zébédée s'approcha de lui, avec ses fils, et elle se prosterna pour lui faire une demande. 21 Il lui dit: « Que veux-tu »? « Ordonne, lui dit-elle, que dans ton Royaume mes deux fils que voici siègent l'un à ta droite et l'autre à ta gauche ». 22 Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire »? Ils lui disent  : « Nous le pouvons ». 23 Il leur dit: « Ma coupe, vous la boirez; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder : ce sera donné à ceux pour qui mon Père l'a préparé »

Ce passage de l’Évangile suscite une question précise sur la place de chacun d'entre nous dans le Royaume de Dieu. Beaucoup en effet se posent cette question personnelle parfois obsessionnelle : 

« Aurais-je une place auprès de Dieu ? »

Des anciennes éducations religieuses catholiques, en réalité pas si lointaines que cela, nous enseignaient que cette place auprès de Dieu, plus connue sous le nom de « Paradis » était pratiquement inaccessible. Le clergé réprimandait tous nos gestes et attitudes qui n'étaient pas conformes à la morale chrétienne catholique qui elle, était contraire, on peut le dire maintenant, à ce que notre Seigneur proclamait dans les Évangiles.

L'enseignement de notre Seigneur est clair. Il faut être au service des autres, quelles que soient les situations et les souffrances de chacun. Et surtout, de ne pas avoir une domination sur les plus faibles. Malheureusement, ce n'est pas cela qui s'est produit au cours des siècles et même encore aujourd'hui.

Il fallait absolument avoir une domination pour maintenir ce peuple fidèle principalement chez les plus faibles, les plus fragiles et les plus vulnérables. Pour les plus forts, il y avait bien sûr des négociations, des aménagements de peines, des indulgences moyennant finance bien entendu.

Hors de question que les petits puissent réfléchir. Hors de question qu'ils puissent s'exprimer. C'est pour cela qu'il était interdit d'avoir une Bible chez soi. En France, les premières éditions accessibles à tous ont vu le jour qu'en 1956.

L'enseignement de l'Eglise catholique était d'inculquer dans l'esprit des petits à : « Mériter son petit coin Paradis ». Et la célèbre foi du charbonnier nous disait : ‘‘L'Eglise a dit, l'Eglise a raison’’.

Notre Seigneur Jésus n'a jamais dit cela ! Bien au contraire, il a combattu ça durant sa vie missionnaire.

Prenons le célèbre passage dit ‘‘du bon larron’’ dans Luc 23. Au jugement de tous, puisqu'il est aussi en croix, cet homme incontestablement méritait la mort.  Et la ‘‘géhenne’’ pour les  autorités religieuses. C'était une évidence même qu'il ne méritait pas le ‘‘Paradis’’. Pourtant notre Seigneur Jésus après qu'il eut entendu sa supplique : « Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras avec ton royaume », lui répondit : « En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis. » 

Contrairement à l'enseignement de l'Église, Jésus ne parle pas de ‘‘Mérite’’ mais de ‘‘Pouvoir’’. « Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire. » Voilà la vraie question.

Cette question nous est posée à nous aujourd'hui.

Sommes-nous comme pour ces disciples, disposés à partager son sort avec lui ? A le suivre même si cela peut signifier jusqu'à la croix. Dans le jardin de Gethsémanie, Jésus a prié (Marc 11) : 

« Père tout est possible : éloigne de moi cette coupe ; pourtant pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » Notre Seigneur s'en remet à son Père. Il a cependant continué à boire cette coupe jusqu'à la croix, jusqu'à la dernière goutte.

Lors de son dernier repas, il a bu cette coupe, il l'a donné à ses disciples, qui ont bu également. Pourtant, un peu plus tard, ils l'abandonnèrent tous et s'enfuirent.

En dépit de ce qu'ils avaient promis, Jacques et Jean n'ont pas suivi notre Seigneur, sa douloureuse "Passion", son chemin de croix et son agonie.

Nous aussi nous sommes invités à boire la coupe de notre Seigneur même si nous nous sommes retirés de l'Église. 

Ce faisant, nous exprimons notre volonté où notre Seigneur nous invite à marcher avec lui sur le chemin qui mène au Père. Le Seigneur n'est pas au bout du chemin, il fait route avec nous. Il nous enseigne, par cette coupe, à nous donner aux autres, d'être au service des autres au risque de notre propre vie et non pas d'utiliser leurs faiblesses et de les dominer par des ‘‘Mérites’’.

Notre Seigneur est très clair. Personne en ce monde peut affirmer si telle personne aura une place au Paradis. Même pas notre Seigneur. Curieux non !

Pourtant au « bon larron » notre Seigneur lui a affirmé qu'il irait. Mais comprenons ce qui s'est réellement passé (dans Luc 23, 39-43)

39 L'un des malfaiteurs suspendus à la croix injuriait Jésus : « N'es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi. » 40  l'autre, le reprenant, déclara : « Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine ! 41 Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes ; mais lui n'a rien fait de mal. « 42 Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume. » 43 Et il lui dit: « En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis. »

Le Bon Larron parle de ‘‘crainte de Dieu’’ et il est le premier à proclamer haut et fort que Jésus est innocent, que l'on a ‘‘condamné l'innocence’’. Les disciples de notre Seigneur se sont dérobés. Les Évangiles ne disent pas si ce brigand avait rencontré notre Seigneur auparavant... Tout ce que l'on sait c'est qu'il a vu de près notre Seigneur sûrement dans un lamentable état. Lui même n'a pas subi un tel calvaire, un tel châtiment, un tel chemin de croix... Il est le dernier à avoir osé proclamer son innocence, il sera le premier à le voir dans sa gloire.

La vie missionnaire de notre Seigneur Jésus a débuté par :

Marc 2,17 : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecins mais les malades, je ne suis pas venu appeler les justes mais les pêcheurs. »

Mt 9, 13 : « C'est la miséricorde que je veux et non le sacrifice. »

En continuant en Luc 10, 21 : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela à des sages et des intelligents et de l'avoir révélé à des tout-petits. »

Et se termine ainsi sur cette parole forte qu'il a prononcée en Mt 20,16 : ‘‘Les derniers seront les premiers’’.

Ce que les hommes et les femmes de ce monde souhaitent et espèrent, c'est de pouvoir retrouver ceux et celles qu'ils ont aimés sur cette terre... Nous ne serons pas jugés sur nos assiduités et nos mérites mais sur l'amour que nous avons porté sur notre entourage. Celui qui a aimé et qui a été aimé ne se retrouvera jamais seul, il ne sera jamais abandonné. Et il reconnaîtra à la fin de sa vie tous ceux qu'il a aimés. L'amour balaye d'un seul coup le dogme du ‘‘purgatoire’’ et par la même occasion celui de l'enfer.

 Et là notre Seigneur nous dit en Jean 13, 34 : 

« Aimez-vous les uns, les autres comme je vous ai aimés. A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres. »

En Jean 15,3 : « Il n'y a pas plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime.» 

Le Paradis donc ne se mérite pas : Seul l'amour triomphe !

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