Gabriel Rey (présentation)

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Je suis un chrétien (catholique) ordinaire, insignifiant et indigne pour reprendre une présentation de Thérèse de Lisieux. J’ai eu des responsabilités dans l’Église de France… Permanent dans deux institutions catholiques. La dernière institution m’a licencié (viré) au bout de quinze ans comme un mal propre en une heure, j’y reviendrai. Mes positions dérangeaient. Vu mon âge, de la difficulté à retrouver un travail, cette institution m’a donné de l’argent en renonçant à la poursuivre en justice et en achetant mon silence… J’ai accepté, plus d’emploi du jour au lendemain. Je n’ai pas eu le choix…

 

Mais depuis je vais mal. J’ai corrompu une partie de mon identité, car je ne peux pas émettre la moindre critique ou la moindre réflexion sur ce qui se passe dans l’Église… car beaucoup d’associations et de personnalités ecclésiastiques gravitent autour de cette institution. C’est pourquoi que je prends un pseudonyme.

 

Cette institution qui a pignon sur rue n’est pas à son premier coup d’essai. Elle a déjà donné beaucoup d’argent à d’autres salariés pour les réduire également au silence. Cet argent vient des donateurs et des bienfaiteurs de cette institution au détriment de l’attribution de la mission. Cette institution dépense une fortune dans la masse salariale qui a augmenté… mais je n’en dirai pas davantage. C’est déjà trop. Elle s’en sortira toujours, car leur cabinet d’avocats est très puissant. C’est leur force.

 

J’ai essuyé une forte dépression qui a duré près de trois ans. Allant au début à des groupes de parole en hôpital de jour puis dans un centre de convalescence. C’était un vrai cauchemar. Mon emploi était lié à mes convictions religieuses et ma foi.

 

Trois ans, c’est long… très long.

 

Je n’ai reçu aucune compassion de ma communauté paroissiale, des amis laïcs et même du prêtre. Je n’allais plus à la messe, trop de souffrances, trop faible. Personne n’a pris de mes nouvelles. De tous mes frères et sœurs catholiques que j’ai connus, les seuls qui ont gardé des contacts se comptent sur les doigts d’une main… Heureusement que j’ai d’autres amis en dehors de l’Église et une famille aimante.

 

J’ai quitté ma communauté paroissiale. Plus de messes, plus de prières, et plus de méditations… Trop de violence intérieure.

 

Ce qui m’a sauvé au-delà de mon traitement médicamenteux, c’est la méditation de pleine conscience que l’on m’a fait découvrir par internet présenté par Christophe André, psychiatre. J’ai pu me reconstruire spirituellement grâce à un moine bouddhiste. Cela parait étrange, car je suis resté chrétien et je ne me suis pas pour autant converti au bouddhisme. De plusieurs stages sur la méditation, j’ai appris à contrôler mon stress et mes angoisses. Apprendre à contrôler ma respiration, de pensée à rien…

 

Les exercices et les pratiques méditatives bouddhistes ont transformé ma vie chrétienne. Je n’ai plus besoin de faire partie d’une communauté. Je médite chez moi ou en pleine nature avec l’aide d’un chapelet catholique. Je lis chaque jour un texte de l’Évangile… Je prends un temps en m’adressant au Seigneur Jésus… Loin de la hiérarchie et du pouvoir catholiques, ma vie chrétienne s’est transformée.

 

Je ne vis plus en communauté, mais davantage en société… Loin de la cathosphère, je suis plus heureux, plus libre. Je rencontre des personnes formidables même athées, des associations non confessionnelles, une quantité d’hommes et de femmes travaillant, offrant de leur temps pour le bien des autres. C’est une expérience formidable… 

Avec quelques amis, j'ai créé un espace pour les chrétiens qui se sont retirés de leur communauté, qui ont subi un rejet ou un bannissement... Ce n'est hélas pas une minorité. Cet espace, nous l'avons appelé « Execclesia ». Cet espace n'a qu'un seul but, c'est de témoigner que l'on peut vivre pleinement sa foi chrétienne sans communauté, hors de l'Église institution, chez soi, libre et sans contrainte dans sa sphère privée, tout en étant ouvert aux autres, à nos proches, notre famille, nos amis et tous les laissés pour compte.

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