Dieu et Jésus me suffisent

Nous faisons partie de l'Église catholique mais nous nous sommes détachés de notre communauté. Nous avons beaucoup pratiqué le  « culte des saints » et dans l'Église catholique il y en a énormément. Tout ce temps passé avec eux, à réciter des prières, des chapelets à demander leur intercession, aller même à leur rencontre dans un sanctuaire ou un monastère, c'est incontestablement du temps en moins pour Dieu notre Père et pour notre Seigneur Jésus.

Louise nous dit : « Dans mon enfance, on nous disait de prier régulièrement les saints pour calmer la colère de Dieu. Quand une épreuve survenait dans ma famille ou dans mon village, il fallait toujours invoquer un saint ou une sainte car eux seuls pouvaient intercéder auprès de Dieu qui nous l'avait envoyé. Soit cette épreuve était supportable, elle était considérée comme un avertissement, soit elle était insupportable et là, elle était qualifiée comme punition. Une personne qui critiquait le curé et la religion sans blasphémer Dieu pour autant ne recevait aucune compassion si un malheur lui arrivait. On ne devait pas absolument pas contester une punition de Dieu. S'il avait blasphémer Dieu, sa faute retombait même sur sa femme et ses enfants. C'était la vie quotidienne de tous les villages de France. Les mentalités ont commencé à changer vers 1960 quand mon fils aîné est né.    »

À une époque pas si lointaine, le clergé affirmait que le message de Dieu et de notre Seigneur Jésus était incompréhensible et de fait, la Bible était inaccessible au petit peuple . C'est ce que l'Église soutenait. Seul le prêtre avait le droit d'en percer tous les mystères et de les transmettre lors d'un prêche. Dieu était non seulement inaccessible par la prière mais aussi par sa parole.

Nous comprenons aujourd'hui pourquoi nous vivons dans une époque de déchristianisation. Que de plus en plus d'hommes et de femmes recherchent une spiritualité qui ne trouble et ne tourmente pas leur mental, qui n'angoisse pas, sans crainte d'une punition ou d'un châtiment de Dieu. Dans ce monde qui a toujours été brutal depuis qu'il existe. L'inégalité, la pauvreté et la misère ont toujours existé bien avant cette société de consommation à outrance que condamne aujourd'hui l'Église. Elle a toujours essayé de maintenir le petit peuple dans la soumission sous peine de représailles de la part de Dieu. C'est pourquoi, la plupart des chrétiens baptisaient leurs enfants non pas par conviction mais par protection,  pour protéger l'enfant qui irait dans les limbes s'il lui arrivait malheur. Cependant aujourd'hui cette pensée des limbes est toujours imprégnée dans nos mentalités. Même si la théorie des limbes (qui n'était pas un dogme mais une doctrine), qui mettait soi-disant les enfants en marge de l'enfer, ils ne voyaient pas Dieu par rapport aux enfants baptisés mais ne souffraient pas. Ils attendaient la Rédemption de notre Seigneur Jésus. Cette croyance a été revue. La commission théologique internationale du Vatican voulait venir en aide aux supplices mentaux que subissaient les parents d'un enfant mort sans baptême. C'est seulement en 2007 que la théorie a été revisitée.

Mais si vous lisez attentivement le rapport de cette commission, vous vous apercevrez qu'il n'y a pas une décision nette et précise sur le fait que tous les enfants morts sans Baptême ont le même sort que les enfants morts avec Baptême. La théorie des limbes n'est plus enseignés mais demeure une option théologique possible. L’ambiguïté est toujours dans l'ADN de notre Eglise catholique. Et certains courants catholiques l'enseigne toujours mais pas seulement chez les « Ultras »

Il est difficile de sortir d'une mémoire collective

Elle est toujours transmise par l'histoire et par les  témoignages de nos anciens (ils ne sont pas tous morts). Pendant des siècles, l'Église nous a présenté plus un Dieu qui punissait et châtiait qu'un Dieu lent à la colère et plein d'amour selon la tradition Juive. Un Dieu qui surveillait tous nos faits et gestes, qui scrutait toutes les paroles sortant de notre bouche et qui n'hésitait pas à sévir si tout cela n'était pas conforme à ses exigences. Ainsi toutes les catastrophes naturelles, les caprices météorologiques, les pandémies et les guerres (les occupations de territoires) ont été souvent interprétés comme des punitions de Dieu face aux exactions des hommes. Concernant les différents handicaps psychiques (schizophrénie, autisme, dépression chronique), ils étaient tous attribués à Satan qui possédait les corps et les esprits. Dieu et Satan se partageaient les malheurs des hommes. C'était comme ça. Dieu punissait ceux qui s'éloignaient de lui. Et Satan troublait l'esprit de ceux qui étaient trop proches de Dieu. A en perdre son latin.

Certains diront que c'était une époque ancienne. Certes depuis une quarantaine d'années, les prêches ne disent plus qu'il faut craindre les châtiments de Dieu sur les pandémies. Cependant,  entre 1980 et 1990, le Sida a fait des ravages dans le monde surtout dans notre jeunesse. Cette pandémie a fait près de 37 millions de morts jusqu'à ce jour. Au début la communauté scientifique disait que ce virus touchait essentiellement la communauté homosexuelle. Qui au sein de l'Église catholique n'a jamais entendu dire au début que c'était une punition de Dieu ? Et à cause de la folle négligence des hommes ce virus a même touché des pauvres hémophiles innocents n’épargnant même pas les enfants. Horribles pensées...

Le culte des saints

Contrairement aux idées reçues, le culte des saints ne vient pas seulement de l'Église mais aussi du peuple. Cette fameuse « Vox populi », la voix du peuple.

Très rapidement l'Église a considéré comme saints et saintes les premiers disciples de Jésus, Jean Baptiste, les douze apôtres (Matthias ayant remplacé Judas), Marie la mère de Jésus, Joseph son époux, Marie-Madeleine, Paul le persécuteur des premiers chrétiens, converti et auteur de plusieurs épîtres. Tous les premiers martyrs à commencer par Étienne. N'oublions non pas les trois archanges, Gabriel Michel et Raphaël (ce dernier étant le gardien de l'Église orthodoxe). Et pour terminer Anne et Joachim, les grands parents de Jésus.

Pourquoi le peuple voulait des saints ?

C'est tout simple. Dans beaucoup de villages, de contrées et de régions, il y avait des hommes et des femmes qui vivaient complètement l'Évangile par le don de leur vie auprès des plus démunis. Par la « Vox populi, la voix du peuple », on voulait rendre une estime posthume à ces hommes et ces femmes extraordinaires (souvent des prêtres, des religieux et des religieuses) qui iraient  directement auprès de Dieu et de Jésus. Et aussi les prier en demandant des grâces pour plaider certaines causes auprès d'un Dieu qui faisait peur. On nomme toujours cela « L'intercession ». Jusqu'au dixième siècle, il n'existait pas d'introduction de canonisation comme nous la connaissons aujourd'hui, instruite à Rome et proclamé par le pape. C'est l'évêque dans son diocèse qui élevait au titre de saint celui voulu par le peuple, d'où le foisonnement de tous nos saints locaux. Très vite aussi les ordres religieux ont entretenu cela pour leur fondateur ou fondatrice afin de maintenir des fidèles et bien sûr les bienfaiteurs. Plus on maintiendra des peurs d'un Dieu qui peut punir ou arracher une vie à tout moment plus le culte des saints augmentait. C'est une question de survie. Idem pour les sanctuaires. C'est souvent pour une raison économique... Si demain le peuple décidait de ne plus passer par l'intercession des saints mais de prier directement Dieu, le Père de tous les hommes qui ne connait que l'amour, la haine n'étant pas en lui. Si demain les catholiques changeait de mentalité, ce serait une catastrophe financière sans précédent dans l'Église. Cela a déjà commencé. 

Finies les peurs anciennes. Vivons dorénavant ce présent uniquement avec Dieu Notre Père et avec son Fils Jésus ,chez soi, hors des églises, des temples, des sectes, et des communautés.

Avec toute l'admiration que l'on peut avoir pour telle ou telle personne qui fut toute sa vie durant un être exceptionnel plein de bonté, en aucun cas Jésus, dans les Évangiles, a demandé de vénérer qui que ce soit en ce monde et dans les cieux et encore moins d'en faire un intercesseur auprès de Dieu. Tout doit passer par le Christ car lui et Dieu ne font qu'un.

Dans Matthieu 23, 9-10 Jésus dit : « Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n'avez qu'un seul Père , celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. »

C'est Dieu seul que l'on doit prier, à Dieu seul que l'on doit faire nos demandes, Dieu seul que nous devons être dans la gratitude et notre seul guide et intercesseur, c'est le Christ... 

Dans Jean 14, 11-14, notre Seigneur Jésus dit : 

« Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père,et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai ».

Grâce au progrès de la recherche et de la science, on peut aujourd'hui expliquer la plupart des phénomènes météorologiques et géologiques. Concernant la science, grâce à l'imagerie médicale et à la recherche génétique, on peut de plus en plus savoir les origines de toutes les maladies génétiques et mentales. Idem pour les virus. 

Il faut se libérer de toutes ces vielles croyances. Dieu n'est pas à l'origine des catastrophes naturelles. Dieu n'est pas dans un ouragan ou un cyclone. Dieu n'a jamais envoyé la lèpre, la peste, le choléra, la malaria, la fièvre jaune, la tuberculose et le VIH (sida). Satan n'a jamais été à l'intérieur d'un schizophrène, d'un autiste ou d'un dépressif. Certes il est très difficile pour certains de se libérer de tout ça surtout chez les anciens. Mais nous avons rencontré quelques jeunes assez virulents voire intransigeants.

Comme le disait Thérèse d'Avila dans une prière :

Que rien ne te perturbe,

Que rien ne t'effraie,

Tout passe, Dieu ne change pas.

La patience obtient tout.

Celui qui a Dieu ne manque de rien.

Dieu seul suffit.

Témoignages de Christian :

« Catholique depuis mon enfance, je me suis rendu compte à l'âge de quarante ans, que j'ai passé plus de temps à prier Marie, la mère de Jésus, tous les saints selon mon état d'âme, mes soucis, mes préoccupations ou mes demandes spécifiques. Quand j'obtenais des grâces, je les remerciais bien évidement mais très rarement Dieu mon Père ou furtivement. Aujourd'hui, toutes mes prières sont adressées directement à Dieu. Puis je lui rends grâce pour nous avoir envoyé son Fils Jésus pour nous révéler que lui, Dieu, est le père de tous les hommes. Un père ne peut absolument pas faire du mal à ses enfants. Et quand il m'arrive d'avoir du mal par un mal-être, une fatigue physique ou un stress qui perturbe mon mental, je sais que Jésus est là, il me prend sur son cœur, il m’enlace de son amour, celui de Dieu et il me relève pour que je puisse toujours me retourner vers le Père. »

Témoignage de Quentin :

«J'ai été baptisé catholique et je me suis éloigné de l'Église après mon catéchisme. A une période de ma vie, j'ai traversé une épreuve difficile et douloureuse. Je suis entré dans une église. J'ai appris par la suite que c'était une chance qu'elle fut ouverte au moment où je passais. Peut-être un signe ? Je me souviens très bien que je me suis assis et recueilli mais je n'ai aucun souvenir de mes demandes, de mes prières et à qui je m'adressai. Un silence, un vide ou tout simplement un repos recherché. Puis deux femmes âgées se sont penchées vers moi très gentiment pour dire que l'église allait fermer. Je leur ai parlé de mon catéchisme et de mon éloignement de l'Église et sûrement de mes interrogations. L'une d'elles m'a donné le téléphone du prêtre. Toutes deux avaient trouvé les mots justes pour m'encourager à l'appeler. Avant de partir, elles m'ont donné une image de la Vierge Marie et de Sainte Rita que je ne connaissais pas. Elles m'ont même parlé de sainte Thérèse de Lisieux mais très peu de Jésus et pas du tout de Dieu. Cela m'avait interpellé. »

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