Pourquoi les baptisés ont-ils quitté

L'Église-institution ?

Quand nous interrogeons  notre entourage ou des personnes rencontrées au quotidien, quand nous faisons nos propres analyses depuis des décennies, les réponses sont sans équivoque :

  • L'Église-institution n'est plus du côté des gens simples, des gens ordinaires, des personnes pauvres. Elle est du côté des riches.

  • L'Église n'est pas si accueillante qu'elle veut le faire croire sauf si nous sommes exemplaires ou d'un niveau social assez élevé.

  • L'Église est trop moralisatrice.

  • Les gens  simples, ordinaires, n'auront jamais une place décisionnelle dans l'Église. Ils n'ont pas le droit au chapitre.

  • L'Église a fait plus de mal que de bien.

  • L'Église n'est pas compatissante.

  • L'Église est trop enfermée dans ses dogmes.

Les cas des abus sexuels qui ont été révélés ces dernière années dans le monde entier ont choqué beaucoup de baptisés croyants ou non. Le silence fut insupportable pour tout le monde.   

Beaucoup de baptisés ne veulent plus être enfermés dans l'Église-institution même s'il ont reçu dès leur très jeune age une éducation religieuse. L'histoire de l'Église-institution même très récente de donne pas envie d'y revenir. Et les derniers scandales concernant les abus sexuelles n'ont rien arrangé. Cela a même empiré. 

Premier constat

La plupart d'entre nous, et nous avons beaucoup d'autres témoignages à cet effet, n'arrivent plus à prier en assemblée ou en communauté. C'est comme ça. Car le problème est bien là en premier lieu: La communauté paroissiale. Souvent oubliée dans nos réflexions et nos débats. Que signifie-t-elle pour nous aujourd'hui ? Elle est dans beaucoup d'endroit vieillissante, principalement dans le monde rural, voire moribonde, et de fait, pas du tout ardente. Et même si par miracle nous décidions de donner un peu de notre temps à la communauté, nous serions confrontés à des divisions et des hostilités. Pour beaucoup de catholiques, la communauté paroissiale, par manque de prêtres, n'anime plus leur foi. C'est une réalité. Ils ne trouvent plus de fraternité en son sein qui au demeurant n'a jamais vraiment existé. Les catholiques des campagnes, des petits villages pensent que l'Église ne se préoccupent pas du tout de leur quotidien.

 

Notre deuxième constat

Il est très important. Nous l'observons depuis des décennies. Tous ces jeunes après leur catéchisme solennisé par leur profession de foi, désertent pratiquement la communauté paroissiale. La première explication est très simple, c'est que leurs parents la désertent aussi. C'est réglé pour la majorité d'entre eux. Alors pourquoi l'Église catholique n'arrive-t-elle pas à fidéliser une grande majorité de ces jeunes à la messe du dimanche au-delà de l’infidélité des parents ?

Nous avons observé également que beaucoup de jeunes qui continuent à aller à la messe le dimanche, s'en éloignent plus tard s'ils rencontrent sur les bancs universitaires, dans leur quartier ou chez des amis, leur futur conjoint très souvent non-croyant. Cependant, certains ont gardé leur foi qui, sans en douter, reste profonde. 

 

Notre troisième constat

Il y a aussi parmi les « ExEcclésia » des hommes et des femmes qui se sont convertis adultes en demandant le baptême (catéchumènes). Ils ont été certes bien accueillis au début et bien préparé par un prêtre et une équipe laïque dans un chemin catéchuménal. Une fois baptisés et fondus dans la communauté, ce fut une autre histoire. Le phénomène est aussi simple à comprendre. Les nouveaux convertis sont souvent zélés, ce qui ne plait pas forcément aux laïcs qui s'investissent depuis des années et qui refusent tout changement. Les chasses sont très bien gardées.  

 

Notre quatrième constat

les catholiques « ExEcclesia » sont aussi tous ceux qui ont été exploités, humiliés et rejetés par des communautés de vie, des institutions catholiques comme salariés ou bénévoles, subalternes ou auxiliaires dirigées par des élites laïques.

Tous ceux également qui ont été mal accueillis ou considérés comme insignifiants, tous les divorcés, divorcés et remariés, toutes ces familles monoparentales ou recomposées, des familles en grande précarité sous le seuil de la pauvreté, des familles dont un enfant se drogue ou s'alcoolise et bien sûr des victimes qui ont subi des violences sexuelles par un prêtre sans oublier les familles. Nous avons aussi des témoignages des personnes handicapées et leur famille. Tout n'est pas forcement grâce dans l'Église catholique.

Les « ExEcclésia » ne sont pas une minorité. C'est tout un peuple.

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