ABUS SEXUELS DANS L'EGLISE

Réparation dans l’Eglise catholique : Une rentrée qui en dit long.

Jean Christophe

8 sept.-2022

L’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) démarre très mal cette rentrée 2022/2023. Cette instance a pour mission d’accueillir les victimes d’abus sexuel pour examiner leur niveau de sévérité et de négocier la grille de l’indemnité.

L’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) démarre très mal cette rentrée 2022/2023. Cette instance a pour mission d’accueillir les victimes d’abus sexuel pour examiner leur niveau de sévérité et de négocier la grille de l’indemnité.

Cette rentrée déclenche un scandale que toutes les victimes prédisaient un an à peine après le rapport de la CIASE. Aucun média à part LA CROIX n’a relayé cette situation.

Selon le journal, 138 victimes ont été prises en compte et plus de 700 attendent d’être convoquées. C’est ahurissant !

Marie DERAIN, présidente de l’instance, se défend en disant que cette lenteur est due par un manque de personnel qualifié. Un prétexte vieux comme le monde. Mais elle promet en même temps de nouvelles embauches dans les semaines à venir. Un apaisement vieux comme le monde. Tout cela pour faire avaler la pilule aux victimes. Incontestablement, cette excuse est faite pour décourager les victimes.
Un petit rappel pour nos lecteurs. Les réparations financières vont de 5 mois au SMIC net à 45 mois (à peine 4 ans). Quel scandale !

Dans beaucoup de cas, il y a eu des dégâts psychologiques, voire psychiatriques. Des vies détruites. Encore aujourd’hui, les victimes sont dans une situation précaire. Elles n’ont jamais pu s’épanouir et être brillantes en société. Le handicap est même venu frappé à leur porte, développant des maladies psychiques.
Bruno nous écrit : « J’ai 50 ans, je n’ai jamais pu construire quelque chose dans ma vie depuis 30 ans. Je vis sous le seuil de la pauvreté et on me donnerait l’équivalent de quatre ans du SMIC ? pour se débarrasser de moi ?... » Je n’ai pas voulu publier ses propos suivants. Ils sont violents, et compréhensibles.

Que je n’aimerais pas avoir la responsabilité, même si elle est collégiale, de décider qui doit avoir le minimum, qui doit avoir le maximum, de juger la profondeur de la souffrance, de ressentir l’intériorité psychique d’une victime et l’effondrement intraitable de son être. Je n’en dormirai pas de la nuit. Tout cela va être étouffé, peut être abandonné par les victimes. Est-ce le but ?