CHRONIQUE

ILS SONT SEULEMENT HUIT

Didier FERRIOT

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Jusqu’à présent, je vous l’avoue que je n’ai jamais prêté attention à l’Académie catholique de France qui existe soi-disant depuis 2009 et s’est installée dans le temple sacré du collège des Bernardins.
Si cette académie existe, qu’elle a pignon sur rue, c’est qu’elle est approuvée par l’épiscopat français. Du moins je le pense. Et pour preuve puisque Mgr Eric de Moulins-Beaufort en était membre jusqu’à présent ainsi que Véronique Margron, Présidente des religieux et des religieuses de France (CORREF). Ils auraient donné leur démission suite à l’affaire des « Huit membres ».

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut bien que les catholiques insignifiants sachent ce qu’est une « Académie ».
C’est une assemblée réservée uniquement aux sages et aux savants. Des gens de lettres, des ingénieurs, des scientifiques, des politiques même des artistes reconnus par l’élitisme ambiant. Tous les membres se cooptent entre eux avec un paradigme très stricte dont l’archétype est défini minutieusement.

Dans une « Académie » il y a plusieurs paliers:
Le Bureau (fermé et très convoité)
Le Corps académique.
Les Membres institutionnels.
Les sociétaires.
Les autres membres qui sont très influencés par la Haute autorité pour assouvir son pouvoir.
Tous ces paliers existent à l’Académie catholique de France.

Je ne suis pas dogmatique. Une Académie est nécessaire pour défendre une langue, une culture, un patrimoine.

Il y a une semaine, coup de tonnerre sur les réseaux sociaux. Selon le journal La Croix, huit membres de l’Académie attaquent vigoureusement le rapport de la CIASE (Commission Indépendante des Abus Sexuels dans l’Eglise) présidé par Jean-Marc Sauvé lui-même, ironie du sort membre de l’Académie. Ils dénoncent l’incompétence de la commission sur les statistiques, sur la rigueur scientifique et sur les recommandations pastorales et doctrinales.

Ils osent écrire dans leur analyse qu’ils ont adressée au pape rien que ça : « Les fautes commises doivent-être établies avec précision et de façons suffisamment certaine et qu’il ne parait pas possible de s’en tenir aux seules déclarations de victimes. »

Ces membres déglinguent (c’est mon langage) en quelques lignes, deux années de travaux. Quelle honte !