Gabriel REY (Co-initiateur du courant "Execclesia")

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J’ai créé le site des « Catholiques Execclesia » en novembre 2017 avec trois amis. Je suis catholique et comme beaucoup, je me suis retiré l'Église et je vis pleinement ma foi chez moi hors de ma communauté paroissiale et de l'institution. ​

 

Ce site est dédié aux chrétiens, catholiques, orthodoxes, et protestants qui ne participent plus à la messe du dimanche. « Gabriel Rey » est un pseudo car si je dévoile mon véritable nom, une horde d'avocats seront à ma poursuite.

 

En aucun cas je ne veux être médiatisé, être un chef de file, un leader, un berger, le seul étant notre Seigneur Jésus. ​ Mes amis et moi, nous avons subi des rejets. Nous avons eu des responsabilités dans l'Église. Nous avons subi des calomnies au sein de notre institution catholique. ​

 

J’ai eu personnellement de grandes responsabilités dans l’Église catholique de France pendant vingt-trois ans, en tant que salarié, dans une congrégation en lien avec la presse catholique et d’une institution catholique œuvrant pour les plus fragiles. J'ai été aussi bénévole au sein d'une commission de la conférence des Évêques de France « Famille et société ».

J'ai participé à un groupe de travail encouragé par les Évêques de France pour élaborer un portail Web (style doctossimo chrétien) au service des couples, des familles, des jeunes, des personnes en difficultés et des personnes fragiles. J'étais responsable du problème des addictions chez les jeunes et de l'accompagnement de leurs parents. Au sein de ce groupe de travail, j'ai connu des clivages et des animosités principalement auprès des mouvements concurrents œuvrant pour une  même cause. Pathétique !

Le site web a vu le jour. Il est tombé très vite dans les oubliettes pour être fermé définitivement. Ainsi vont les élites catholiques.

 

J'ai vu de près  l'organisation de l'éviction de l'égérie de la Manif pour tous : Virginie Tellenne alias Frigide Bargot. Ces élites catholiques qui se sont organisées clandestinement pour l'évincer et la bannir. Ce que j'ai entendu dans la toute petite sphère catholique dépasse tout entendement.

J’ai été licencié comme un mal propre du jour au lendemain par l'institution catholique œuvrant pour les plus fragiles … Je disais tout haut ce qu'elle ne voulait pas entendre. Je traversais une situation personnelle très compliquée. Cette institution a profité de ma faiblesse pour m'éjecter et m'achever sans scrupule. La solidarité et la fraternité n'existe pas au sein d'une institution catholique.

 

J'ai subi un bannissement qui selon mon psychiatre est une sorte de petite mort et qui m’a fait sombrer dans la dépression pendant près de deux ans. Une humiliation totale, très blessante qui agit encore dans le profond de mon être et dans mon psychisme. J’en rêve encore… Je garderai cela encore longtemps. 

Je n'ai pas honte de dire que j'ai consulté un psychiatre et que j'ai eu des antidépresseurs. 

Ce que j’ai subi dans l’institution catholique n’est pas une minorité. J’ai connu beaucoup de gens simples, ordinaires, qui n’auront jamais le droit au chapitre, des gens d’une sensibilité profonde, d’une grande charité, mais qui dans l’espace des élites supérieures, leur parole ne sera jamais entendue dans la haute sphère décisionnelle pour la bonne et simple raison, c’est qu’ils n’ont pas reçu un enseignement universitaire ou qu'ils ne sont pas dans la norme selon les critères que les élites imposent.

 

Ils resteront de fait des subalternes. S'ajoute à eux tous les hors-normes : Les divorcés, les familles monoparentales, les personnes fragiles, celles qui ont sombré dans l'alcool, des drogués, des gens de la rue, les personnes handicapées, malades psychiques, les homosexuels et tous celles et ceux pour qui le christ voulait faire ‘‘Église’’ par eux, mais non pas avec eux. La nuance est importante. Aujourd'hui les élites laïques catholiques ont la mainmise sur l'institution. Les voix des subalternes, dont l'énoncé ci-dessus et qui n'est pas exhaustif, ne comptent absolument pour rien.

Tout cela a affaibli ma foi, déstabilisé mon espérance et détraqué tous mes rituels : la prière, l’adoration du Saint Sacrement, la lecture de l’Évangile, le chapelet, les messes, les retraites et bien d’autres choses.

Dans cette grande souffrance, je gardais une grande compassion auprès de celles et ceux qui ont subi la même chose que moi et Dieu sait qu’il y en a. Plus que l'on peut l'imaginer. Et curieusement ces personnes ressentaient la même chose envers  les autres… Une sorte de fraternité de survie, dans l'esprit !

LE SCANDALE DES ABUS SEXUELS

Entre 2015 et 2020, l’Église catholique était au cœur de plusieurs scandales considérables liés aux abus sexuels de prêtres auprès des enfants, mais aussi auprès des religieuses ou des femmes laïques. La dernière en date fut l’affaire « Jean Vanier ». Une personnalité connue dans le monde entier, fondateur des communautés de « l’Arche » et de « Foi et Lumière ». Une personnalité que j'ai très bien connue. Ce scandale sans précédent et pour cause puisque jusqu’ici tout fut camouflé par l’institution catholique.

LA MÉMOIRE COLLECTIVE

On se plaint de la déchristianisation dans notre monde occidental. Il y a une chose qui échappe à beaucoup, c’est la mémoire collective transmise de génération en génération dans les cercles familiaux. Des sévices de religieux ou de religieuses dans les orphelinats ou les pensionnats envers les enfants, les jeunes hommes et les jeunes filles, un temps où la majorité était à vingt et un an.

On oublie ce que subissaient les jeunes filles enceintes sans l’identification du père de l’enfant. Cet enfant justement à qui l’on refusait le baptême. Il était interdit également pour la jeune maman de communier même ses parents s’ils décidaient de la garder sous leur toit avec l'enfant sans compter les situations ignobles des congrégations religieuses qui accueillaient ces jeunes filles à qui on arrachait l'enfant pour les vendre à l'adoption.

 

Ce n'est pas si vieux que ça. La mémoire collective et transmissive a entraîné cette désaffection dans l'Eglise. C'est un fait ! Personne ne peut le contester aujourd'hui. 

Mon rejet, ceux de mes amis, les scandales des abus sexuels, tout cela me révoltait. Mon esprit pouvait devenir incontrôlable. J’étais énervé, agité, excité même enflammé. Mes réflexions étaient irraisonnées.  Tout montait en ébullition malgré mes antidépresseurs… Tout m’écœurait avec une rage parfois brutale. Je voulais en finir avec cette confiance que j’avais envers Jésus. Comment pouvait-il accepter les choses se dérouler ainsi ? Un ami prêtre me disait qu'il se sentait mieux dans une Eglise imparfaite que parfaite. Certes mais il y a quand même des limites. Combien de femmes et d'hommes croyants ont souffert, ont été anéantis et détruits durant toute leur vie ? des insignifiants, des laissés pour compte par cette hiérarchie contrôlée et de plus en plus par des élites laïques.

LA DÉCOUVERTE DE LA MÉDITATION DE PLEINE CONSCIENCE

En 2017, une amie m’a fait connaître la méditation de pleine conscience. Elle fut mise au point par Jon Kabat-Zinn basé sur la méditation bouddhiste en la laïcisant, c’est-à-dire sans apport religieux, sans s’adresser obligatoirement à une divinité. Cela me convenait, car hors de question pour moi de prier Jésus et Dieu. La méthode de Jon Kabat-Zinn fut importée en France par Christophe André, célèbre psychiatre et psychothérapeute, auteur de nombreux ouvrages sur la méditation laïque. La méditation de pleine conscience calmait mon esprit, évacuait mon stress et mes angoisses. Par la conscience de ma respiration, j’arrivais à me détendre et à retrouver une paix intérieure. Mais quelque chose me manquait.

Sur internet, j’ai découvert un centre bouddhiste tibétain qui proposait une initiation à la méditation de pleine conscience avec un enseignement d’un moine. C’était très intéressant. Dans l’après-midi, au moment de la pause, assis sur un banc du parc, une chose extraordinaire se passa sans que je m'y attende. Un moine me rejoint, me demandant s’il pouvait s’assoir à côté de moi. Une méfiance ressurgissait … Le moine le ressentait. ‘‘Ne vous inquiétez pas me dit-il  avec une sourire vrai, je ne vais pas essayer de vous convertir.’’ J’ai été surpris qu’il sût ce que je ressentais. J’ai entendu à table poursuit-il que vous étiez chrétien et que votre foi s’est estompée. Et en quinze minutes, je lui racontais mon parcours et ce que j’avais subi. Il m’écoutait attentivement avec une douceur et bienveillance.

À la fin de la session, au bout de trois jours, il s’approchât vers moi et me dit « Continue chaque jour rigoureusement la méditation. C’est très important. Fais-en une à ton levé et une avant de te coucher et tu verras que ta confiance en Jésus reviendra. 

Ce fut incroyable. Il n'a pas du tout essayer de m'enrôler si je peux l'exprimer ainsi dans le bouddhisme. Grâce à la méditation bouddhiste, ma foi chrétienne a pu renaître. J’ai pu rouvrir les Évangiles, la parole de notre Seigneur Jésus. C’est une expérience extraordinaire. J’ai pu à nouveau m’adresser à Dieu.

Depuis je vis ma foi chez moi ou en pleine nature, dans ma sphère privée… La messe ne me manque pas du tout. Je vis autrement ma foi chrétienne hors de la communauté, hors de l’institution catholique et je suis heureux. Mais je me considère que je suis toujours dans l'assemblée du Christ mais en dehors du cloître comme on le dit pour les moines.

Nous mettons en ligne l’Évangile du jour du calendrier liturgique catholique avec un commentaire qui guidera  votre journée.

Vous qui êtes éloignés de l’Église, non-pratiquants, qui n’allez plus à la messe le dimanche, bienvenue dans le courant des « Catholiques Execclesia » qui n’est ni une association, ni une fondation, ni une communauté, ni une institution. Nous sommes des chrétiens libres ! Nous vivons notre foi librement.

Vous pourrez également proposer votre témoignage., déposer des intentions de prières.

Oui vous pouvez avoir une vie chrétienne bonne et harmonieuse hors de l'assemblée (Execclesia)

Gabriel Rey