COMMENTAIRE

DE L'ÉVANGILE DU DIMANCHE

Ce texte fait suite quand Jésus avec seulement cinq pains nourrit cinq mille hommes. Les disciples voulaient tranquillement que la foule rentre chez elle. Puis Jésus leur dit : « Donnez-leur vous-même à manger »… On connait la suite.

Et une fois que la foule fut rassasiée. Immédiatement nous dit l’Évangile de ce jour, notre Seigneur Jésus congédia la foule. On peut comprendre que toutes ces agitations autour de lui peuvent être éprouvantes. Ce n’est pas la première fois que cela lui arrive… qu’il ait besoin de se retrouver seul pour prier… à cet effet notre Seigneur Jésus se met à l’écart.

Depuis que je me suis retiré de ma communauté, je comprends parfaitement le besoin de se retrouver seul pour prier… méditez en pleine nature, c’est pour moi vital. Loin des agitations, nous avons comme le Seigneur Jésus de nous retrouver seuls.

Notre Seigneur plus que quiconque connait nos faiblesses humaines, nos combats et nos fragilités… qui nous pèsent chaque jour de notre vie. Comme lui, mettons-nous à l’écart pour méditer et prier…

Mais les disciples ne se doutaient pas un instant qu’il allait les rejoindre en pleine mer… à un moment précis, à quelques stades de la rive… entre cinq et six kilomètres et dans une situation précise, une forte tempête s’était levée. Les disciples se dirigeaient vers Capharnaüm sur des vents contraires qui venaient donc des montagnes.

A la quatrième heure de la veille qui selon les spécialistes serait vers trois heures du matin… Notre Seigneur Jésus vient retrouver les disciples. La scène est particulière, il marche sur les eaux.

En pleine mer agitée, la nuit, seuls les marins ou les pécheurs peuvent éprouver des angoisses. Soudain une forme arrive vers eux. Un esprit, fantôme en grec… Cette ombre a visiblement une allure humaine. La peur poussait les disciples à crier… pour dire. Ils étaient effrayés.

Le Seigneur Jésus surpris les rassure aussitôt. Le verset 27 est intéressant.

« Ayez confiance », nous dit le grec et non pas « N’ayez pas peur ». Ne craignez rien, car la confiance est un acte de foi que notre Seigneur nous invite et nous accorde. Le grec nous dit ego eimi ce qui veut dire, « Moi, je suis ».

C’est la même expression que notre Seigneur Jésus employa dans l’Évangile de Jean au chapitre 8, verset 58 : quand les autorités religieuses disaient à Jésus au verset 57 : « Tu n’as pas cinquante ans et tu nous dis que tu as vu Abraham ? » il répondit : « En vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, moi je suis (ego eimi). Notre Seigneur est tout puissant… Il vient vers nous. Il calme nos tempêtes… celles qui sont autour de nos vies, il conduit les vagues qui jalonnent notre existence. Ces vagues lui obéissent et notre Seigneur Jésus apporte le calme dans notre être et dans notre âme.

Le Seigneur Jésus et lui seul est toujours présent dans mes inquiétudes et dans mes ténèbres… même dans mes doutes… même dans mes tourments.

Moi « Chrétien Execclesia » même retiré de ma communauté, j’affirme que grâce à la méditation de pleine conscience qui dans un premier temps m’apaise, le secours de mes épreuves est incontestablement mon Seigneur Jésus.

Le verset 28 est passionnant. L’apôtre Pierre dit à Jésus : « Si c’est toi, que j’aille auprès de toi sur les eaux. » Pourquoi demande-t-il cela ? Quel est son motif ? Quel est l’intérêt ?

Il y a peut-être plusieurs significations, mais pour moi, Pierre qui nous est présenté comme le premier des apôtres. Il le sait. Il sera le premier pape. Il veut savoir pour sa propre réputation qu’elle doit être validée en tant que telle, pouvant marcher sur les eaux comme son Seigneur… pour lui-même surement, et vis-à-vis des autres disciples certainement. Je ne vois pas d’autres explications.

Ce qui devait arriver arriva… Notre Seigneur lui le savait ce qui allait se passer. Voyant la violence du vent il prit peur et s’enfonça dans la mer… Ce ne fut visiblement pas brutal, comme un plongeon, lentement de quoi avoir le temps de prononcer ces paroles : « Seigneur, sauve-moi »

Toujours aussitôt, Jésus lui tendit la main et dit cette réplique bien connue «  Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

L’acte de Pierre n’a pas illustré sa foi, mais ses doutes. La vraie foi ne tente jamais les merveilles simplement pour le plaisir de les faire. C’est un fait qu’il faut noter que les Évangiles racontent des échecs du pouvoir miraculeux des apôtres ainsi que leur succès. Aucun livre de mythe ne ferait cela. Mais en même temps, il est toujours clair pourquoi ils ont échoué.

Ce n’est pas ma foi qui est limité, j’ai confiance en mon Seigneur Jésus, mais ce qui m’envahit, ce sont mes doutes.

Quand Jésus et Pierre remontèrent dans la barque, c’est à ce moment précis que la tempête cessa. Et d’une voix collective que les disciples ont affirmée : « En vérité (non pas vraiment), tu es le Fils de Dieu. »

Je le dis sans détour, ma communauté paroissiale et institutionnelle ne m’apporte plus rien. Je vis ma foi chez moi et ouvert auprès de ceux qui sont éloignés de Dieu, ma famille et mes amis. Bien évidemment cela ne m’empêchera pas d’avoir comme tout le monde des échecs, des déceptions  et des doutes, principalement liés à des maladies qui écourtent des vies ou des catastrophes et des guerres qui déciment des familles entières.

Il y a un passage dans l’Évangile de Jean où le Seigneur dit au chapitre 16, verset 33 : « Je vous ai dit ces choses que vous ayez la paix en moi. Dans ce monde de l’affliction, ne craignez rien, car moi, j’ai vaincu la mort ».

Oui notre Seigneur Jésus a vaincu mes angoisses et mes doutes… Il est vraiment le Fils de Dieu.

Gabriel REY, un insignifiant Execclesia

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