COMMENTAIRE

Dimanche 16 août 2020

Évangile de notre Seigneur Jésus selon Matthieu 15, 21-28

21 Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. 22 Et voilà qu'une femme cananéenne, sortie de ce pays-là, criait en disant : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon. » 23 Jésus ne lui répondit pas un mot. Alors les disciples, s'étant approchés, le priaient en disant : « Renvoie-la, car elle crie derrière nous. » 24 Jésus répondit : «  Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. » 25 Mais elle vint se prosterner devant lui, disant : "Seigneur, secours-moi ! » 26 Il répondit : « Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens. ‒27 Oui, Seigneur, dit-elle ; mais les petits chiens mangent des miettes, qui tombent de la table de leurs maîtres. » 28 Alors Jésus lui dit : « Ô femme, ta foi est grande : Qu'il soit fait pour toi comme tu veux. »  Et sa fille fut guérie à l'heure même. 

COMMENTAIRE DE GABIEL REY

Notre Seigneur Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon… deux villes païennes qui se trouvent au-delà des frontières avec la Palestine. (De nos jours Sud-Liban). Au temps des rois David et Salomon, Tyr était le principal port maritime de tout le proche orient. Au temps de notre Seigneur Jésus, elle resta une grande ville commerciale. Beaucoup d’habitants étaient des païens nommés également cananéens. Il faut le dire, ils étaient très méprisés.

 

Et voilà une Cananéenne, surement très méprisées vient voir le Seigneur Jésus et lui dit « Aie pitié de moi » C’est pour elle inattendu, inespéré, notre Seigneur vient dans le territoire des païens. « Seigneur Fils de David »… Là, ce n’est pas possible autrement, elle a dû entendre parler de lui comme prophète ou roi de la lignée de David.

 

« Ma fille est tourmentée par un démon. » Jésus ne dit pas un mot… Il ne la repousse pas. Visiblement, elle insiste en le poursuivant à tel point que les disciples s’en mêlent.

Notre Seigneur Jésus nous dit au verset 24 : « Je n’ai pas été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Comprenons bien les choses, la mission de notre Seigneur est précise et elle a besoin d’explication.

 

La première mission consiste bien à porter la Bonne Nouvelle à tous ceux qui sont égarés du peuple juif… tous ceux que l’on méprise aussi… Quand notre Seigneur Jésus envoie ses premiers missionnaires, il leur dit bien

en Matthieu 10, 6 : N’allez pas vers les païens, n’entrez pas dans une ville de Samaritains, mais plutôt vers les brebis perdues d’Israël. »

 

Dans cette première mission, le plan de Dieu notre Père était que son Fils garde la tradition juive dans la loi de Moïse. Cela n’empêcha d’annoncer que notre Dieu est le créateur de tous les hommes. Et ce n’est qu’après sa mort qu’il proclama sa deuxième mission en disant dans Marc 16, 15 : « Allez dans le monde entier porter la Bonne Nouvelle à toute la création… Et en Matthieu 28, 18-19 : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc et faites-moi des disciples de toutes les nations ».

 

Au verset 26, notre Seigneur Jésus dit à la cananéenne : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour les jeter aux petits chiens » cette phrase peut choquer. Mais je suis convaincu qu’il lui tend une perche. Comment notre Seigneur lui qui a nourri près de cinq mille hommes peut-il lui refuser un petit morceau de pain… à ces païens où il est quasiment impossible d’entrer dans la religion juive.

 

Faisons la distinction de « Chien » qui en orient est une injure et « petit chien » domestique. Dans une maison, les petits chiens s’agitent partout, vont et viennent dans tous les sens. Ils se nourrissent des restes de leur maître. N’oublions pas que notre Seigneur Jésus est en dehors de la Palestine. La région de Tyr et de Sidon au temps du Christ était calme… un bord de mer paisible. Par contre les villes de Tyr et de Sidon ne l’étaient pas. A Tyr, comme toutes les villes commerciales, il y avait de l’agitation… les affaires devaient remuer dans tous les sens… et pour faire des affaires ou du négoce, c’est bien connu, pas de temps de s’occuper des obligations religieuses de nos voisins de Palestine.

 

Rien de neuf deux-mille ans après… dans nos grandes villes.

 

Et cette Cananéenne qui a surement eu connaissance des miracles de notre Seigneur Jésus, elle vient l’implorer pour qu’il guérisse sa fille. Elle veut que ce maitre religieux fasse quelque chose pour elle. Des miettes, c’est peut-être ce qu’elle a… des miettes de la foi… des miettes de la confiance… elle les a peut-être récupérées du peuple juif pour nourrir ce qui l’y a de plus profond dans son être. Qui sait ? En tous les cas notre Seigneur Jésus fut bouleversé de la confiance, de la foi ce cette païenne. Immédiatement, sa fille fut guérie…

 

Merveilleux enseignement de la part de notre Seigneur Jésus… Même retiré de l’Église, même non-pratiquant d’après les gens, je vis ma foi pleinement en Dieu le Père et mon Seigneur Jésus. L’important, c’est d’avoir toujours confiance en lui.       

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