Il y a toujours eu deux églises dans l'Église.

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​Il y a toujours eu deux églises dans l’Église catholiques. L’Église du pouvoir et l’Église du peuple. L’Église des autorités religieuses et nous allons peut-être en choquer plus d’un, l’Église de notre Seigneur Jésus, des insignifiants, des laissés pour compte, des pauvres, des boiteux, des estropiés, des païens et des prostituées et j’en passe.

 

Après la mort de notre Seigneur Jésus, après la Pentecôte, des petites communautés fleurissaient à commencer par les juifs de Jérusalem puis dans le bassin méditerranéen par la mission des premiers apôtres jusqu’à Rome sans oublier Saint Paul. Les historiens ont du mal à établir une chronologie de l’extension des premières communautés chrétiennes.

 

Les premières communautés se trouvaient essentiellement dans les grandes villes. À Rome, on ne voyait pas cela d’un très bon œil, car les chrétiens rejetaient toutes les croyances polythéistes (c’est-à-dire de plusieurs dieux) mais surtout de prier pour l’empereur. Et c’est Néron qui lança la première persécution des chrétiens. Ils étaient persécutés dans l’Empire romain par les païens où il ne faut pas confondre avec les athées. Les athées ne croient en aucun dieu. Derrière le qualificatif « païens » était désigné tous ceux qui avaient d’autres croyances qu’un Dieu unique.

 

À Rome, les chrétiens subiront des tortures même sur les places publiques, de terribles supplices, ils serviront même de repas pour les fauves. Les persécutions dureront jusqu’au quatrième siècle.

 

En 312, l’empereur romain Constantin se convertit au christianisme. Puis l’année suivante, en 313, a lieu l’Édit de Milan où il promulgue l’arrêt des persécutions des chrétiens qui fera partie des édits de la Tolérance où chaque citoyen est libre de pratiquer son culte.

Il faudra attendre soixante-sept ans en 380 où l’empereur Théodose 1er proclame l’Edit dit de « Thessalonique » où tous les peuples doivent se rallier à la foi transmise aux Romains par l’apôtre Pierre, qu’il proclame « catholique ».

Il y a toujours eu deux églises dans l'Église, celle des rois, des princes et des puissants et celle du petit peuple.

Douze ans plus tard, en 392, le même Théodose proclame le christianisme comme religion de l’empire et interdit tous les autres cultes.

À partir de cette date, l’Église de Rome (papauté) devient un pouvoir au sein de l’Empire romain, puis d’un pouvoir à part entière sur tout l’occident. C’est à partir de ce moment-là que les choses se sont compliquées et se sont gâtées.

Il y a toujours eu deux églises dans l’Église, celle des rois, des princes et des puissants et celle du petit peuple. Celle de la haute hiérarchie ecclésiastique et celle du petit clergé.

Cela a duré quand même près de 19 siècles, non pas jusqu’à la Révolution française comme certains l'imagine, mais jusqu’à la séparation de l’Église et de l’État. En France cette loi a été un coup de tonnerre chez les catholiques. Il y a eu des tensions explosives surtout quand il fallait passer par l’inventaire des biens ecclésiastiques. 

L'Eglise n'a plus eu de pouvoir dans l'espace public. Fin d'un règne qui a fait tant de mal...

Un siècle après, l'Eglise catholique continue de chuter. Les fidèles sont de moins en moins nombreux. Le problème est d'ordre sociétal. Même si nous pouvons trouver des points de convergences, l'élite catholique refusera toujours de faire corps avec les décadents que nous sommes.