8 SEPTEMBRE 2022

Jeudi de la 23 semaine du Temps Ordinaire

Bonne Nouvelle de notre Seigneur Jésus en Luc 6, 27-38

Notre Seigneur Jésus déclarait à ses disciples : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique. Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien, ne le réclame pas. Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant. Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »

© Source AELF

Méditation

Le passage de l’Évangile de ce dimanche suscitera toujours des réactions allant de l’incompréhension à la révolte. Comment notre Seigneur peut-il nous demander d’aimer nos ennemis… on peut le faire quand ceux-ci ne passent pas à des actes qui atteignent des âmes et des vies. Les situations humaines sont tellement compliquées, surtout quand elles meurtrissent des chairs, mutilent des corps, fracassent nos sensibilités et nos affects.

Les douleurs sont tellement fortes qu’il est difficile de pardonner encore moins d’aimer.
Nous avons entendu un témoignage très poignant d’un père de deux jeunes filles assassinées lors d’un attentat : « Ma douleur et ma révolte sont est tellement fortes qu’il est impossible d’aller jusqu’au pardon. Je suis arrivé à stopper ma vengeance, quant au pardon, je laisse cela à Dieu. Le pardon est entre les mains de Dieu, pas entre les miennes. »

Cependant notre Seigneur nous enseigne que nous sommes des bienheureux quand nous sommes affamés et assoiffés de justice… Bienheureux les artisans de paix. » La justice n’est pas l’exigence de la haine. Mais à l’image de notre Seigneur Jésus, sommes-nous capables de dépasser la justice dans la miséricorde et le pardon ?

Notre monde est dur et violent. Il est le plus souvent dans la répression et la vengeance que dans la miséricorde. Que pouvons-nous faire dans ce concert de haine ? Notre Seigneur Jésus a une confiance absolue en nous, même si nous traversons des situations dramatiques dans nos fragilités et nos faiblesses. Notre Seigneur Jésus connaît notre nature humaine. Il sait que l’homme peut être égoïste, cupide et méchant et rempli de haine. Le Christ lui-même nous enseignait la différence entre le « Temporel » et de « Spirituel ». La justice des hommes appartient aux hommes et la justice de Dieu appartient à Dieu seul. C’est une grave erreur de faire justice soi-même au nom de Dieu, car nous ne savons rien de sa décision. Il est facile de le faire au nom de Dieu. Mais notre Seigneur veut nous enseigner impérativement qu’à ce moment précis, nous ne sommes plus dans la justice, mais dans vengeance. Une vengeance à faire justice en se déchargeant sur une soi-disant volonté de Dieu.

Lors d’un procès en assise pour un crime même le plus odieux, nous avons remarqué à plusieurs reprises que la partie civile est rarement dans la haine… en une colère révoltante, mais jamais sans hargne. La haine même si elle est compréhensible dans certains cas ne sert à rien, car elle peut nous détruire et c’est le bourreau qui a gagné. N’empêche que l’on peut être révolté du verdict des hommes. Le Temporel nous tourmente.

Dans ces situations, nous avons besoin impérativement de notre Seigneur Jésus. Nous avons besoin de lui dans cette vallée de souffrances pour apaiser notre cœur et notre esprit.
Même si nous avons pris nos distances envers notre communauté paroissiale et notre Eglise institution. Nous demandons de l’aide à notre Seigneur pour ne pas être aspiré dans une spirale infernale. Même retirés de l’Église, nous acceptons les enseignements de notre Seigneur Jésus.

Notre Seigneur vient à notre aide pour que notre vie n’emprunte pas les arguments du monde dans nos comportements face aux exactions abjectes. Le Seigneur sait que ce n’est pas facile, mais il est toujours là pour nous soutenir.

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