Handicap et foi

Stéphanie - Maman d'un jeune autiste

Je suis une maman d’un jeune autiste qui a 20 ans (2000). Jonathan est placé dans un foyer. Il est autonome et travaille dans une mairie d’une petite ville du centre de la France où nous habitons avec nos enfants. Mon fils ainé à 22 ans, il poursuit ses études de droit et j’ai une fille de 17 ans qui doit passer son bac en 2021.

Mon fils ainé est très attentif envers Jonathan. Et Jonathan est très attentif envers sa petite sœur.

Mon fils et ma fille téléphone régulièrement à Jonathan, au moins deux fois par semaine. Une fois par mois, mes deux fils passent tout un week-end ensemble depuis plus deux ans. Mon mari se joint à eux surtout quand il y a un match de football. Ce sport les rapproche énormément.

Maintenant les choses se sont relativement apaisées. Nous vivons toujours avec le handicap de Jonathan. Il y a encore des situations compliquées à gérer, mais dans l’ensemble, Jonathan a trouvé une stabilité, qu’enfant, on n’aurait jamais imaginé. Car oui, l’enfance de Jonathan fut dure et compliquée surtout au niveau de sa scolarité entre les batailles sur les admissions, envers l’administration, c’était souvent insupportable.

LA MESSE

Avant d’avoir Jonathan, j’allais souvent à la messe le dimanche. Mon mari lui était croyant, mais non-pratiquant. C’est à l’âge de quatre ans que les médecins ont diagnostiqué l’autisme de Jonathan. Son comportement faisait que je ne pouvais plus l’emmener à l’Église. Puis un moment, cela faisait près de quatre mois que je ne mettais plus les pieds à l’Église. Les paroissiens et le prêtre me connaissaient très bien. Ils savaient que j’avais un enfant handicapé. Jamais ils n’ont pris de mes nouvelles. Le pire, c’est que je rencontrais des fidèles en ville et ils détournaient leur visage. Cela m’a beaucoup marqué.

Deux fois j’ai essayé d’emmener mes enfants à la messe y compris Jonathan. L’expérience fut catastrophique. J’ai fini par y renoncer. L’indifférence des membres de la communauté m’a profondément déçue. L’année suivante je voulais quand même inscrire mon fils ainé au catéchisme. Mon mari s’y est fortement opposé alors qu’il y était favorable à la naissance de celui-ci. Mon mari a pratiquement tout rejeté. Il ne croit plus. C’est trop dur pour lui. En revanche, il a accepté que je transmette une éducation chrétienne à mes enfants. Je pense qu’ils en ont gardé quelque chose. J’ai offert une icône du Christ à Jonathan pour qu’il a mette dans sa chambre de son foyer. Il y a un an, Jonathan m’a dit qu’il priait tous les soirs avant de se coucher. Peut-être s’était-il souvenu des courtes prières que l’on faisait ensemble avec son frère et sa sœur.

Un jour il m’a dit : « Tu crois maman que Dieu y est pour quelque chose dans mon handicap ? » Mais bien sur je lui ai affirmé que non. Je n’ai jamais su pourquoi il m’avait posé cette question et d’où il tenait cette information. Même aujourd’hui.

Chaque jour de ma vie, je prie Dieu et Jésus, chez moi, sans cesse. La messe ne me manque pas du tout, même à Pâques, même à Noël. Mes amis ce sont les parents qui dans mon département ont eu des difficultés comme moi avec un enfant autiste. J’apporte mon soutien aux nouveaux parents. Il m’arrive de parler de ma foi avec certains. J’ai remarqué pour beaucoup qu’il n’y a pas que de l’athéisme.

 

J’ai connu les C.E. grâce à un ami. J’ai accepté d’apporter mon aide sur cette page consacrée au handicap et d'encourager ceux qui ont une épreuve comme la mienne  de continuer à maintenir leur foi et leurs prières malgré chaque jour. J’ai essayé la méditation à la lumière de l’Évangile, cela me convient, c’est un plus qui m’apaise beaucoup. « Catholiques-Execclesia » est un réseau pour moi extraordinaire.

Le message que j’adresse à chacun : « Même si les Églises sont fermées dans certaines régions, même si vous n’avez pas eu un bon accueil dans votre paroisse, vous pouvez garder une grande foi chez vous, même si le handicap touche votre famille.

Beaucoup de gens ne vont plus à la messe pour diverses raisons. Mon mari et moi, nous avons notre raison. Vous pouvez l’imaginer.

Je suis convaincu que Dieu veille sur Jonathan, qu’il ne l’abandonne pas. Jonathan rayonne autour de lui à sa manière. Les amis de mon fils ainé aiment sa compagnie. Chaque jour, Jésus est près de lui et à tous les instants. Cette conviction me rend heureuse. 

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