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Ce que je ferais en ce jour de l'Assomption

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L’année dernière, jour pour jour, je recevais un message de Pierre-Alain qui me disait : « Qu’allez-vous faire demain, le 15 aout, vous qui n’allez plus à la messe, en l’honneur de la Vierge-Marie ?

« Rien de particulier ai-je répondu »

Il ne s’attendait pas à un tel propos qui je vous l’avoue était un peu provocateur. Je dois redire dans cette tribune et je ne le regrette absolument pas que j’ai dans ma vie de fidèle ordinaire insignifiant, récité de nombreux chapelets (même en latin). C’est bien le verbe « Reciter » que l’on emploie. J’ai même participé à de nombreux pèlerinages dans les sanctuaires mariaux. Seulement quatre sur deux-mille-neuf cents répertoriés en France. Lourdes, Pontmain, Pellevoisin, la Salette. Je suis même allé à Fatima au Portugal.

En 1997, j’ai fait partie des équipes du rosaire. Oh pas longtemps, les groupes de prière ne sont jamais pérennes chez moi… Trois mois pour « Les équipes ». Un record. Je me souviens que j’avais choqué Annie, une paroissienne martiniquaise adorable. J’ai gardé un très bon souvenir d’elle et l’on s’est rencontré plusieurs fois sans qu’elle m’en tienne rigueur. Elle voulait que l’on prie pour sa fille, qu’elle puisse obtenir son diplôme de fin d’études. J’ai refusé pour la simple raison que si elle n’avait pas fourni un travail suffisant, nos prières ne servent à rien. En revanche on peut prier pour qu’elle puisse avoir de bonnes conditions pour ses épreuves : le sommeil (Dieu sait que les étudiants le réclament), les transports pour s’y rendre, etc. Ce fut ma dernière participation. Peu de temps après, j’apprenais par une autre paroissienne que le groupe du rosaire avait éclaté en deux puis en trois avant de se dissoudre. Ah, quand les clivages nous tiennent, c’est fatal.

Revenons à la fête de l’Assomption. Voici trois temps importants de l’histoire de cette fête.

Au VI° siècle, l’empereur Maurice instaure la fête de la Dormition de la vierge Marie. (pas encore l’Assomption des catholiques) le 15 août (sextilis du calendrier julien). Cette fête était précédée de quatorze jours de jeûnes.

Les catholiques disent « Assomption ». Les orthodoxes « Dormition »

La « Dormition » veut dire que la Marie ne serait pas morte comme tout le monde. Dormition, uniquement pour Marie peut se traduire par ‘‘sommeil éternel’’. Assomption qui vient du latin peut se traduire par ‘‘être transporté vers’’.

Au concile de Mayence (Allemagne) en 813, il est proclamé que la commémoration de l’assomption de Marie est une fête d’obligation. Alors la question est : « Que faisaient les chrétiens de l’Église catholique apostolique romaine pendant ces huit siècles les quinze aout sachant qu’aucun sanctuaire marial n’existait ? ». Rien de particulier…

En 1854, le pape Pie IX proclame le dogme de ‘‘l’Immaculée Conception’’ de la Vierge Marie qui veut dire qu’elle est la seule humaine exempte du péché originel.

De 1854 à 1945, des millions de fidèles, des milliers de prêtres et d’Évêques demandent à Rome de proclamer le dogme de l’Assomption. Des pétitions ont été organisées. Le pape Pie XII demande l’avis à tous les évêques du monde. La réponse est quasi unanime, en 1950, le pape proclame le dogme de « l’Assomption ».

Personnellement, je ne crois pas que Marie la mère de notre Seigneur Jésus voulait vraiment cela. Comme une femme juive et pieuse, Marie a dû surement observé les commandements de Dieu qui commencent ainsi : « C’est moi le SEIGNEUR ton Dieu qui t’est fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. Tu n’auras pas d’autres dieux face à moi. (Exode 20, 2-3) Je ne sais pas également ce qu’en penserait notre Seigneur Jésus si son retour devait se faire aujourd’hui le 15 août ?
Pierre-Alain m’a dit : « Mais la Vierge a bien dit à Bernadette qu’elle était l’Immaculée conception ( Que soy era Immaculada Counceptiou, en patois pyrénéen). « Mais cher Pierre-Alain, l’Église n’oblige absolument pas les catholiques à croire aux apparitions de Marie. Très peu de gens le savent.

Contrairement aux idées reçues, un dogme n’est pas une idée arrêtée où fixe disait Roger Gomis, prêtre du diocèse de Dakar sur le site « La Croix Africa ». Un dogme est proclamé pour éclairer notre foi et guider l’Église dans sa mission pastorale. Un catholique ne devrait pas être inquiété s’il conteste un dogme. Mais dans l’histoire de l’Église, il y a eu des situations dramatiques.

Je vous l’avoue qu’un dogme n’a pas de portée significative dans ma relation avec Dieu et dans ma confiance que j’ai envers mon Seigneur Jésus. D’ailleurs les catholiques connaissent très peu les dogmes que l’Église a proclamés.

Ce que je ferai ce 15 août qui tombe un dimanche ? Je lierai l’Évangile du jour… comme chaque jour. Ma journée sera jalonnée par la Parole de Dieu, par des lectures. Cet après-midi je recevrais mon petit-fils. Dans mon existence ordinaire et insignifiante, je vivrais ma foi chez moi dans ma sphère privée. Je prierai pour tous mes frères et sœurs catholiques qui vivent intensément cette fête de l’Assomption. Je respecte profondément leur choix. Cette année encore avec la crise sanitaire, ils ne seront pas entassés dans les sanctuaires et tous les édifices aux multiples appellations de « Notre-Dame de… »

Pierre-Alain ajoute : « Vous ne priez plus la vierge Marie, vous ne la remerciez plus d’avoir accepté l’œuvre de Dieu, que c’est triste ! »

Cela fait six ans que j’ai décidé de prier uniquement Dieu notre Père par la seule intercession de son Fils Jésus, mon Seigneur et Maître, le seul saint de Dieu.

Et la prière que je pourrais formuler ce 15 août est la suivante : « Dieu notre Père, je te rends grâce pour tes bienfaits. De nous avoir donné ton Fils unique, notre Seigneur, venu épouser notre humanité pour la sauver. Que Marie qui est auprès de toi soit remerciée d’avoir participé à ton œuvre, elle qui se disait une simple servante. »

Bon dimanche à tous dans la paix et la joie de notre Seigneur Jésus.