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MESSAGE DE MARYSE

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Une amie de Maryse a envoyé un lien sur l’enquête organisée par la revue « Ombres et Lumière », voici ce qu’elle en pense. Nous rappelons que Maryse fait partie du courant « Execclesia ». Elle est maman d’un jeune autiste.

J’ai lu avec beaucoup d’attention l’enquête réalisée par la revue « Ombres et Lumière » concernant l’accueil et la place des personnes handicapées dans l’Église catholique. Je n'ai consulté que le site.
Personnellement, je pense hélas que les chiffres (les pourcentages) ne relatent pas vraiment la réalité à cause d’un trop petit nombre de réponses.
Dans une enquête, il est toujours bon de préciser le chiffre exact des participants et le pourcentage que représente par exemple l’ensemble des abonnés de la revue, investigatrice et spécialiste du sujet.

Aucune indication sur la sociologie de cette enquête

Ce qui manque aussi pour la Conférence des Évêques de France, et c’est peut-être indiqué en détail dans la revue, c’est la sociologie des participants. Le pourcentage entre la grande métropole de Paris, les grandes villes citadines comme Marseille, Lyon, Toulouse, Nantes, Bordeaux, Strasbourg, etc. et la ruralité (France d’en bas), abandonnée qui comme chacun le sait, et je l'avoue à la décharge de l’Église, montre qu’il est difficile de faire des kilomètres un dimanche matin pour aller à la messe avec un enfant handicapé. Je ne crois pas qu'un témoignage ait abordé le sujet.

Un seul prêtre pour trente clochers voire plus. J’en parle en connaissance de cause. Rien aussi sur la sociologie des classes (supérieures, moyennes et pauvres) où l’on sait qu’il y a de grandes différences et d’inégalités. Une femme fragile psychologiquement avec un enfant lourdement handicapé n’aura pas le même accueil qu’un couple aisé avec quatre enfants dont un est porteur d'un handicap. Cette inégalité n’est pas une minorité. A Execclesia, nous avons beaucoup messages à ce sujet.
En revanche, cette enquête nous montre très bien que le handicap psychique a du mal à trouver sa place dans l'Eglise catholique. Mon expérience en fut douloureuse.

Une enquête qui n'encourage pas à en savoir plus dans ce numéro de la revue en question.

La synthèse que l’on en a faite sur le site accessible à tous, c’est qu’il n’y a que des chiffres. Monsieur Douillet aurait pu faire une synthèse journalistique et de nous encourager à lire le prochain numéro de cette revue concernant cette enquête. Il s’est contenté de dire sur les réseaux sociaux « C’est bien, mais peut mieux faire. » Communication et markéting ratés… Quel dommage.

Ceci dit, le livre blanc est au demeurant intéressant. Il faut certes avoir envie de lire tous les témoignages. C’est ce que j’ai fait. Le tri est soigneusement équilibré. Trop à mon avis. Il contient 200 témoignages.

La grande question qui demeure : « Que vont en faire les Évêques de France de ce grand livre blanc, de l'amélioration de la place des personnes handicapées dans l’Église et dans les paroisses ? »

Une chose qui a échappé peut-être aux lecteurs, c'est que la revue « Ombres et Lumière » existe depuis cinquante-trois ans. C'est une belle revue. Une référence incontournable dans l'Église de France. Je suppose que tous les évêques de France la reçoivent. Pendant plus d'un demi-siècle, elle a publié des milliers d'articles, des témoignages percutants, des suggestions extraordinaires, abordant tous les handicaps, sollicitant de nombreux évêques et toutes les pastorales (santé, jeunesse, famille), donnant une place importante à la famille, aux frères et soeurs aux grands-parents sans oublier les amis. Cette enquête, il faut le souligner, est le bilan de cinquante-trois années de mobilisation. À chacun son analyse. Personnellement, ce bilan est consternant.

Grande tristesse ! À la fin de ce grand livre blanc, il n’y a eu de la part de la rédaction aucune synthèse et aucun remerciement pour les personnes qui se sont exprimées avec leur cœur, leur souffrance, leur amertume et leur joie. Cela a touché ma famille. Quand on fait ce genre d'enquête et que l'on sollicite des témoignages, que c'est souvent douloureux de mettre des mots sur les fragilités, un petit message à la fin ou au début aurait fait du bien pour les personnes handicapées et leur entourage même un petit merci chaleureux.

Merci quand même à la revue Ombres et Lumière pour cette initiative. Espérant qu'elle puisse faire bouger les lignes avant les cinquante prochaines années. Force est de constater que l'Eglise de France est malade. Serait elle en soin palliatif ?
Chacun son analyse.

Maryse