Témoignage de Martine

Martine est une retraitée de l’éducation nationale. Elle était professeure de mathématique. Elle était très active dans sa paroisse de la région parisienne. Elle s’est retirée dans sa Dordogne natale dans un village pas très loin de ses frères et sœurs. Les responsables de sa nouvelle communauté ne lui ont pas fait un très bon accueil.

Témoignage de Martine

A la retraite, je me suis retirée avec mon mari dans ma région d’enfance. Lui qui est originaire de Paris, il aime beaucoup la Dordogne. Le prêtre du secteur a la charge de plus de vingt paroisses (Église). Auparavant, j’étais responsable en région parisienne de la dernière année du catéchisme, c’est-à-dire que je préparais tous les enfants à la Profession de Foi. Avec le prêtre de la paroisse, nous animions également une fois par mois une rencontre pour les paroissiens autour d’un texte de l’Évangile.

Le village de notre retraite fait partie de vingt autres villages dont un seul prêtre en a la responsabilité.

J’ai proposé mes services. En ce qui concerne la catéchèse, tout est au complet. Il m’a proposé d’intégrer le service des obsèques, mais les femmes qui s’en occupent ne sont pas très accueillantes. J’ai proposé des rencontres autour d’un texte de l’évangile. Refus pour le simple motif, c’est que les gens n’y viendront pas pour la bonne raison que ce n’est pas leur attente et en plus ces rencontres seraient animées par une personne qui a passé trop de temps à Paris. Je n’ai plus insisté. Le prêtre d’une soixantaine d’années n’est visiblement pas trop coopérant.

Cela fait plus de deux ans que le ne vais plus à la messe et ça ne me manque pas du tout. Pourtant, longtemps j’ai proclamé les bienfaits de « l’eucharistie ». Je continue de lire chaque jour l’Évangile du jour et je prie chez moi. Je suis heureuse comme ça. On peut avoir une bonne vie chrétienne sans pour autant aller à la messe le dimanche.

Mon mari, lui joue aux boules deux à trois fois par semaine avec les hommes du village. Il s’entend très bien avec ses partenaires. Ils sont devenus ses amis. Aucun ne va à la messe.

Je vois régulièrement ma sœur et mon frère qui n’ont donné aucune éducation religieuse à leurs enfants. Mais on s’entend très bien.

Avec trois voisines, nous cultivons notre jardin avec des semences bios. Ça nous rapproche beaucoup. Nous sommes devenues des amies. Elles non plus ne vont pas à la messe. Comme quoi. De temps en temps, je leur parle de ma foi. Elles me respectent. Une d’entre elles croit. Mais il ne faut surtout pas lui parler de l’Église dans son ensemble.